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Mise à jour le
09-Mar-2009 17:10
Ce site est dédié aux amis ainsi qu'à toute la famille du village de Tiguert N'drar, c' est un espace de réflection et d' animation au tour du village, il permet aussi de rester en contacte avec le village , il y aura plus de photos et de la vidéo
REVUE DE PRESSE
Guenzet est le chef-lieu de daira et de commune qui regroupe aussi la commune de Harbil. Sa population est estimee a environ 8000 habitants sur une superficie de 147 km2. Historiquement, elle fait partie de la confederation des Beni Yaala du nom du fondateur qui a occupe cette region avec les siens, fuyant sa Kelaa du fait de l'insecurite vers 1061. Elle est situee au nord ouest de Setif dans la chaine des Babors et entouree des communes de Harbil, Ain Legradj et des communes de la wilaya de BBA.
Le visiteur non avise peut etre frappe par l'etat de pauvrete de la region, le relief accidente et la rudesse du climat (etes torrides, hivers rigoureux) avec toutes les consequences sur la vie quotidienne des habitants qui tirent leur subsistance essentiellement de l'arboriculture de montagne (olivier, figuier, chene vert), de petits commerces de detail; soutenus en grande partie par la communaute des emigres (pensions, tourisme). Pour l'autochtone ou l'originaire, une visite est presque atavique, faite de ressourcement et de fierte.
Malgre l'eparpillement de la population, le « Yaalaoui » ou qu'il se trouve, aide toujours ou trouve aide surtout dans l'adversite ; vertu d'ailleurs caracteristique de l'Algerien. Durant les vacances, la region se transforme, malgre l'absence de moyens, en lieu de villegiature privilegie des fils de la region et ce depuis toujours en particulier pendant le «khrif» pour profiter des fruits et legumes locaux, de l'eau de sources fraiches qui rappellent le terroir et la jeunesse marquee par le travail, la discipline et le respect. Qui ne se rappelle de la cueillette des olives et leur transport chez le meunier pour en extraire cette huile magique tres prisee ou la saison des figues «pimentees » par une courte periode de « recherche des premieres figues » (thissamtith) qui faisait notre joie. Aujourd'hui, bien que le progres ait produit des changements salutaires, il n'en a pas moins altere l'ame des villages basee sur la solidarite, le respect et la dignite. C.A. Julien disait: « Quand on etudie les Berberes, ont est frappe par la remarquable stabilite de leurs m?urs a travers les siecles. Bien des manifestations actuelles de leur vie sociale enfoncent leurs racines dans un passe fort lointain ».
La Djemaa encore active
C'est en arrivant a Titest que l'on «sent» le territoire de nos ancetres, que notre comportement revient au naturel, que l'on se sent debarrasses, comme par enchantement, du stress et autres angoisses accumules ailleurs. Au fur et a mesure du periple vers Guenzet par ces montagnes escarpees aux routes et sentiers sinueux, l'on est frappes par ce panorama fantastique fait de montagnes et de villages juches qui sur une colline, qui sur le flan d'une montagne retenue, dira-t-on que par la volonte divine. Sur les 38 villages qui composent la commune, certains sont traverses par la route nationale, en particulier: Boumakhlouf, Gnaoua-Thoubou, Tiget, Dar el hadj, Tizi Medjbar Timenkache, Taourirt Yacoub, Guenzet; d'autres sont desservis par des chemins parfois bitumes entre autres: Tighert n'dhrar, Ighil lekhmiss, Taourirt thamelalt, Chrea, Foumlal, Aourir Ouelmi, Ighil Hammouche, Ighoudane, Tamest, Aghda n'Salah, Ith Karri, Imesbahen, Thigherth, Sidi l'Djoudi, Issoumar, etc ...Sur ce troncon d'une quinzaine de km on peut se rafraichir dans trois sources qui revetent une importance particuliere : celles de Boumakhlouf, de Dar el Hadj et de A'abad. Durant cette periode de vacances, les villages s'arrachent de leur lethargie pour devenir des lieux de rencontre de familles et d'amis, separes par le temps et l'espace mais aussi par le devoir et les aleas de la vie, pour des veillees riches et interminables mais egalement pour les fetes. C'est aussi en ces moments que les souks retrouvent l'animation d'antan a savoir des lieux de convivialite, de discussions et d'affaires. C'est aussi a cette occasion que s'organisent des zerdas et autres ceremonies ayant pour but de redonner vie a la region gatee par sa geographie et les evenements douloureux qu'a traverses notre pays et dont les effets nefastes sont a ce jour difficilement surmontables puisque 13 agglomerations isolees sont abandonnees pour des raisons securitaires malgre une farouche autodefense. A cela s'ajoutent les contraintes de developpement dues a la nature montagnarde de la region dont les surcouts decouragent tout investissement significatif surtout dans les operations de terrassement, de genie civil, de realisation et d'entretien des infrastructures de base (routes, adduction d'eau, lignes electriques et telephoniques) des travaux de deblaiement des voies de communication en periode hivernale. Cette situation conduit la population (residente ou non), au risque de mort des villages, a financer elle-meme plusieurs projets urgents vitaux d'utilite publique par l'entremise d'associations erigees au cours de Djemaa sans trop attendre les projets de l'Etat qui, eux, obeissent aux regles du budget.
Les sages et autres bonnes volontes ne menagent aucun effort pour redonner vie a cette region, du moins la maintenir, comme par le passe, reference culturelle puisqu'elle a fourni a l'Etat plusieurs hauts cadres dans tous les domaines. Elle etait egalement le bastion du nationalisme contre le colonialisme en sacrifiant des centaines de ses meilleurs fils pour que vive l'Algerie.
Le lien de toujours
Cela vaut bien consideration ou attention surtout en cas de graves difficultes economiques qui poussent sans cesse la jeunesse a l'exode (ou a l'emigration) vers les grandes agglomerations (surtout Alger, Setif et Bordj bou Arreridj) a meme de s'assurer le minimum vital qu'ils ne peuvent trouver sur place. Le retour de ces jeunes, tant souhaite par les peres de famille, est (quoique hypothetique) en tout les cas fortement conditionne par la securite de l'emploi et les conditions d'existence. Mis a part ceux fixes dans les grandes villes, depuis longtemps mais qui n'ont jamais rompu le lien avec leur village puisque la plupart y reviennent une fois la retraite acquise, il est quand meme urgent et vital que l'on retiennent ceux qui y vivent deja en developpant la region par des projets specifiques, adaptes aux conditions geographiques et socio-economiques.
Une aide speciale de l'Etat est vivement souhaitee pour cette region longtemps sous-estimee. La recente visite du wali dans les endroits recules a laisse une vraie lueur d'espoir chez la population. Cependant, et en attendant que l'on accorde a Guenzet l'attention qu'elle merite, le temps est actuellement a la rehabilitation des villages isoles abandonnes car outrages par la horde terroriste. Pour ce faire, des initiatives louables ont ete imaginees afin de redonner vie aux villages et espoir a la population. Du concours de « tikourbabines », plat traditionnel et specifique a la region avec Beni Ourtilene, a la fete prevue precisement ce mois aout au village de Sidi l'Djoudi soutenue, semble-t-il, par des personnalites, il est certain que les enfants de Beni Yaala, avec le concours de l'Etat, sauront preserver leur culture, leur tradition et leur dignite cheres a leurs ancetres.